SMSTO : Société de Médecine et de Santé au Travail de l’Ouest

 Membre de la Fédération Française de Santé au Travail

Moteur de recherche :

Les rythmes biologiques

Le Mans / 15 et 16 Novembre 2001

Jeudi 15 Novembre

Apres-Midi

14h00 : Allocution de M. DELACENCELLERIE, Président du SSMT
14h15 : NOUVELLES DE LA SOCIÉTÉ
14h30 : ASSEMBLÉE GÉNÉRALE - ELECTIONS DES MEMBRES DU CA
16h00 : PAUSE ET VISITE DES STANDS
16h30 : COMMUNICATIONS HORS THÈME
16h45 : QUATRE CAS DE SILICOSE DANS UN ATELIER DE PROTHÈSES DENTAIRES DE 15 PERSONNES

D. TRIPODI, C. VERGER, CH. LARAQUT, L CONSTANS,JP CURTES, A. CAUBET, S. MALLE DANT*, IUMT de Rennes,*AIMT

Présidents de séance: Sylvie Cren, Marc Ligen

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17h00 : ÉVALUATION DES RISQUES PROFESSIONNELS DES ARCHÉOLOGUES

Mariannick PELÉE DE SAINT MAURIŒ, Marie Jo CASTEL, AHIMT

Présidents de séance: Sylvie Cren, Marc Ligen

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17h15 : ACCIDENTS D'EXPOSITION AU SANG (AES): Plaquettes de prévention et Fiches destinées aux salariés expo

Odile TREGUIER et un groupe de médecins du SSMT

Présidents de séance: Sylvie Cren, Marc Ligen

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17h30 : EMPLOI D'UN OUTIL DE REPÉRAGE DES FACTEURS DE RISQUES BIOMÉCANIQUES DES MEMBRES SUPÉRIEURS : OREGE

Marie-Annick EVEN- BAISSE, APAS, Perigny et Arnaud DESARMENIEN, SSMT

Présidents de séance: Sylvie Cren, Marc Ligen

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17h45 : ENQUETE STRESS ET SANTE MENTALE AU TRAVAIL

Lourent BOUCHET, AHIMT

Présidents de séance: Sylvie Cren, Marc Ligen

L.Bouchet, N.Bourven-Quiniou, M.N Caramanian. G.Darcy, L.Dhainaut, C.Evano, F.Janssen,M.Legrand, B.Maison-Patoureau, A.Maissia, L.Pichard, A.Riou, C.Sinou.

Association d'Hygiène Industrielle et de Médecine du Travail. (A.H.I.M.T) 2 rue Liné Nantes

Devant l'importance grandissante de manifestations de stress et de souffrance mentale au travail ( stress, anxiété, dépression, harcèlement moral…), constatées par les médecins du travail depuis quelques années un groupe de 13 médecins du travail de l'AHIMT de Nantes, a réalisé une enquête épidémiologique descriptive entre le 1ier janvier 2000 et le 30 juin 2000 auprès de diverses entreprises. Les objectifs étaient d'évaluer l'importance du stress et de la mauvaise santé mentale dans certaines grandes entreprises de plus de 50 salariés(GE) suite à une demande d'intervention du médecin ou du CHSCT , de comparer les diverses entreprises entre elles ainsi qu'à une population de référence (PR) , de déterminer les principaux facteurs de risque professionnels par entreprise et globalement.

METHODOLOGIE:

Les enquêtes en entreprises ont été menées par envoi postal du questionnaire à tous les salariés. Il s'agissait de : une administration territoriale (2000 salariés), 2 banques, un cabinet d'assurance, un organisme de contrôle de sécurité, une clinique Chirurgicale (N°1), une clinique chirurgicale (N°2), une grande entreprise d'informatique, un institut spécialisé. La population de référence correspond à celle de 5 Médecins sur secteur géographique de l'agglomération nantaise, enquêtée lors de la visite Médicale annuelle après tirage au sort au taux de un salarié sur quatre. Seules les visites médicales annuelles et les visites d'embauche depuis plus de 6 mois étaient inclues dans l'enquête.

Le questionnaire était composé de 80 items portant sur :

1 /Les caractéristiques socioprofessionnelles : sexe, âge, ancienneté, taille d'entreprise, professions, catégorie professionnelle, contrat de travail, chômage antérieur.

2 /L'organisation du travail : formation, promotion, temps de travail, horaires, remplacements en cas d'absence, congés, type de rémunération.

3/Le vécu du travail : charge de travail, pression du temps, obligations, période de moindre activité, urgences, faire plusieurs chose à la fois, être interrompu, responsabilités, compétences, travail intéressant, varié, autonomie, avoir les moyens, entraide, rôle bien défini, exigences du public, agressions, conflits, ambiance de travail, sécurité physique, souffrance des autres, solitude, ennui, aimer son travail, conditions de travail, reconnaissance des collègues et de l'encadrement, adaptation au changement, dysfonctionnements dans l'organisation du travail, vécu de l'encadrement ( hiérarchie directe), communication, restructuration, sécurité de l'emploi.

4/ Le Général Health Questionnaire à 12 items (GHQ 12) Utilisé dans de nombreuses études internationales, il dépiste la mauvaise santé psychique (anxiété, dépression, asociabilité et caractère hypochondriaque). Chaque item est coté de 0 à 3. Un score total supérieur à 12 étant indicateur d'une souffrance mentale.

Chaque item a été croisé avec le score de stress par analyse bi-variée avec le logiciel EPI-INFO puis par une analyse multivariée avec LOGISTIC.

RESULTATS:

Au total 2617 questionnaires ont été exploités : 820 en population de référence soit 95 % des sujets enquêtés, 1797 en entreprise soit 48 % des sujets enquêtés (de 28 à 67 %) La taille de l'entreprise est : en majorité de plus de 790 salariés en grandes entreprises (78, 3%) contre répartition équilibrée pour la population de référence incluant des P.M.E Catégories socioprofessionnelles : plus de cadres dans les grandes entreprises (26,9 % contre 15,2 %) et moins d'ouvriers ( 2 % contre 10,4 %) Sexe féminin : 50,1 % (PR), 67,7 (GE), variant de 18,7 % pour l'informatique à 89 % dans les cliniques. Age et ancienneté : moyenne d'âge autour de 40 ans (PR 39,5 ans contre GE 42,4 ans) Par contre on observe une différence d'ancienneté à 10 ans entre la PR 45,6 % et les GE 60,1 % (variant de 47,3 % en clinique à 75 % dans les banques) Le taux de stress ( G.H.Q 12 > 12) de la population de référence de 29,5 % est conforme aux données de la littérature (cf. bibliographie). Le taux de stress observé dans les grandes entreprises (42,3 %) est en moyenne plus élevé que dans la population de référence ( 29,5 % ). Cependant il peut s'agir de biais de recrutement : choix de l'entreprise, non répondeurs plus nombreux par courrier. Parmi les grandes entreprises les taux de stress les plus importants se retrouvent dans la clinique N°1 ( 66,6 %), la clinique N°2 (58,1%), l'institut spécialisé(53,7%), la banque N°2 (60,2%).

FACTEURS DE STRESS : RESULTATS DE L'ANALYSE MULTIVARIEE

Les facteurs suivants ne sont pas apparus liés au stress : l'âge, la taille de l'entreprise, la catégorie socioprofessionnelle, la profession, une période de chômage préalable, le choix de la profession, la présence et le type de contrat de travail, les horaires, les remplacements, les congés, le type de rémunération, la charge de travail, les conditions physiques de travail, le contact avec le public, la sous-utilisation des compétences, les responsabilités. Sont toujours apparus liés au stress de façon significative ( p< 0,001 OR = Odds Ratio) : Le sexe féminin GE OR = 171 PR OR = 2,56, l'ancienneté pour les grandes entreprises uniquement OR = 1,68, le manque de moyens GE OR = 1,88 PR OR=1,46 , le manque de temps GE OR = 1,59, PR OR = 1,60, les agressions GE OR = 1,39, PR OR = 1,64, les dysfonctionnements GE OR =1,33, PR OR =1,61, l'isolement GE OR = 1,6, PR OR = 1,62, l'ennui GE OR = 1,72 , PR OR = 1,44, l'insécurité de l'emploi. PR OR = 2,19, GE = NS(non significatif), les heures supplémentaires PR OR = 1,53, GE = NS

Commentaires :

dans les grandes entreprises on note un lien plus grand avec le stress pour le manque de moyens et l'ennui alors que dans la population de référence les femmes semblent plus exposées (moins nombreuses proportionnellement), le mauvais vécu de l'encadrement, les conflits, agressions, dysfonctionnements , heures supplémentaires, et insécurité de l'emploi sont prédominants. Comparaison des facteurs de risque dans les grandes entreprises 1/ Manque de temps : lien fort avec le stress pour l'organisme de sécurité OR = 3,14, l'entreprise informatique OR = 4,29, la clinique N°2 OR = 4,27, la clinique N°1 OR = 2,9. 2/ Manque de moyens : un lien plus important avec le stress est noté pour : la société informatique OR = 5,85, la clinique N°1 OR =3,81, et les banques dans un moindre degré OR = 2,08. 3/ Mauvais vécu de l'encadrement : l'institut spécialisé (OR = 4) est particulièrement concerné (différence de point de vue sur la prise en charge des enfants handicapés) ainsi que la clinique N°1 OR = 4,4 (Restructuration et fusion des cliniques privées).Par contre l'encadrement est bien ressenti dans la clinique N°2 qui possède pourtant la même direction siégeant dans les locaux de la clinique N°1. 4/ Conflits : présents dans la clinique N°2 OR =2,23, de façon moindre dans les banques OR =1,35. 5/ Agression : en relation avec le stress dans la clinique N°2 OR =1,59, à un niveau comparable à la population témoin OR = 1,64. 6/ Dysfonctionnement : apparaissant surtout dans l'administration territoriale OR = 1,54 de façon comparable à la population témoin OR = 1,61. 7/ Isolement : facteur important de stress dans l'entreprise informatique OR = 3,37, ainsi que dans l'organisme de contrôle sécurité OR = 1,94. Les informaticiens de cette entreprise sont appelés "nomades" car ils partagent leurs bureaux à plusieurs dans un bureau paysagé et sont souvent en déplacement. 8/ Ennui : le lien est important pour l'organisme de sécurité OR = 3, l'administration territoriale OR =1,68, ainsi que les banques OR = 1,55 9/ Le manque d'autonomie : on observe un lien très fort avec le stress dans les banques OR = 2,69. 10/ Heures supplémentaires : dans les banques OR = 2,69, et la grande société informatique OR = 2,16. 11/ Insécurité de l'emploi : contrairement aux PME, les grandes entreprises et les administrations semblent peu concernées en dehors du secteur bancaire OR=1,5 devenu très concurrentiel.

CONCLUSIONS :

le stress et la mauvaise santé mentale au travail touchent préférentiellement les femmes. Toutes les catégories socioprofessionnelles sont concernées, les cadres n'étant pas plus à risque que les autres salariés. On retrouve souvent les même facteurs professionnels de stress et souffrance mentale, s'exprimant à des degrés variables en fonction des entreprises. On constate également qu'ils appartiennent pour la plupart au champ de l'organisation du travail (manque de temps, de moyens pour faire un travail de qualité, dysfonctionnements dans l'organisation, sous-charge de travail ou monotonie aboutissant à l'ennui, isolement du salarié qui ne peut plus s'appuyer sur le collectif de travail …) et de conditions socioéconomiques difficiles (compétitivité et précarité) dégradant les rapports humains avec conflits et agressions.

INQUIRY INTO THE RELATION SHIP BETWEEN STRESS MENTAL HEALTH AND WORK CONDITIONS

BIBLIOGRAPHIE

1/ Stress en milieu de travail : Première enquête nationale multicentrique L.Boitel, F.Demogeot, Club européen de la santé et Arch.mal.prof, 1994, 55,N°7, 525-528

2/ Relations entre organisation du travail et santé mentale des salariés du tertiaire. S.Cren, M.Dumont, F.Bardot, G.Lafargue. C.I.H.L. Orléans 1996

3/ Enquête sur les conditions de travail : Fondation européenne pour l'amélioration des conditions de travail : Travail et Sécurité 10-97

4/ Souffrance mentale au travail DRTEFP des Pays de la Loire EMPLOI ET TRAVAIL supplément N°73 février 2001

RESUME :

Sur les 6 premiers mois de l'année 2000, une enquête épidémiologique descriptive sur le stress et la santé mentale au travail a été menée par 13 médecins du travail du service inter-entreprises de Nantes (A.H.I.M.T) dans diverses grandes entreprises ainsi que dans une population salariée locale de référence. L'analyse bivariée puis multivariée des 2617 réponses recueillies ont permis de mesurer l'importance du phénomène dans les entreprises et de faire l'analyse des principaux facteurs de risques. Bien que ces facteurs soient liés au stress professionnel de façon plus au moins prononcée en fonction de l'entreprise, ils appartiennent tous au champ de l'organisation du travail : manque de temps et de moyens, dysfonctionnements, sous charge de travail, isolement, mauvaise perception de l'encadrement…dans un contexte social et économique difficile avec sentiment d'insécurité de l'emploi. Cette étude a permis surtout de provoquer une prise de conscience des entreprises sur la réalité et l'importance d'un certain malaise au travail et d'apporter les clefs permettant de mettre en place une prévention adaptée.

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18h00 : Allocution de M. BOULARD Député-Maire du Mans et Cocktail offert par la Mairie

Présidents de séance: Sylvie Cren, Marc Ligen

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Vendredi 16 Novembre

Matin

08h30 : INTRODUCTION

Jean-Charles HARRIGAN. Médecin coordonnateur, SSMT

08h45 : LES RYTHMES BIOLOGIQUES ET ACTIVITÉS DE TRAVAIL

Yvon QUEINNEC, Ergonome, Université de Toulouse

Présidents de séance : Annie Touranchet, Jean-Charles Harrigan

Yvon Quéinnec. Professeur d'Ergonomie. Université Toulouse 2.

Associer rythmes biologiques et activités de travail est un truisme pour les uns. une réelle préoccupation pour les autres.

L'évidence des premiers tient au fait que I.Homme est porteur de rythmicités affectant la quasi-totalité de ses fonctions bio-psychophysiologiques et que de nombreux indicateurs généraux semblent témoigner de ces variations fonctionnelles (voir ci-dessous).

L "interrogation des seconds concerne la recherche de la causalité. c .est -à-dire la compréhension du lien existant entre rythmicités biologiques et performance. Faut-il rappeler que la performance n'est que le résultat de l'activité (et non celle-ci). la " trace fossile de l'activité " (M. de Montmollin) ?? En effet. la performance ne préjuge en rien ni du coût pour l'opérateur ni des modes opératoires sous-jacents. En clair. une bonne ou une mauvaise productivité. une hausse ou une baisse du taux d'accident ne permettent d "inférer ni une charge de travail tolérable (ou non). ni une compétence convenable (ou non), Le lien entre " état fonctionnel " des opérateurs (et notamment leurs rythmicités) et exécution du travail implique donc de s"interroger sur le couplage Homme-Tâche, c'est-à-dire sur les boucles de régulation (cognitives. fonctionnelles. organisationnelles) que suppose l. activité. individuellement ou collectivement.

Ainsi posées, les relations entre rythmes biologiques et activité (au singulier ;) de travail soulèvent deux types de questions :

-les rythmes biologiques sont-ils susceptibles de modifier l'activité des opérateurs au cours des 24 heures ?

-les exigences des tâches et I. organisation du travail peuvent-elles moduler l'expression des variations circadiennes des capacités des opérateurs ??

1. L'activité de travail face aux contraintes temporelles du fonctionnement humain

Chez l'homme. adulte sain. la très grande majorité des fonctions biologiques. de nombreux processus psychophysiologiques (y compris le recueil et le traitement de l'information) ou les principales manifestations comportementales. présentent une rythmicité circadienne (et parfois, en plus, une rythmicité ultradienne et infradienne). L'alternance veille-sommeil. la variation de la température corporelle ou cérébrale en constituent les signes les plus tangibles mais pas nécessairement les plus importants. Les travailleurs en horaires atypiques (asociaux ! ) doivent donc solliciter leur organisme à des heures et sous des contraintes (de cadence. de force, de vigilance. de bruit ,..) peu compatibles avec leur état de fonctionnement rythmique :

-un travailleur posté en 3x8 subit des "journées" de durée très variable : lors des changements de poste (matinée/après midi ou nuit matinée,.,) l'intervalle entre deux prises de travail sera de 32 heures ou de 16 heures selon le sens de rotation cf. ci-dessous). Ce salarié sera alors en "déséquilibre" quasi-permanent :

-dans un environnement donné. il n'est pas possible d'inverser totalement les rythmes. Même après plusieurs nuits consécutives de travail. les rythmes restent proches de ceux d'un travailleur de jour. Cela explique. en partie. les difficultés à dormir de jour. L'accumulation de fatigue qui en résulte conduit à préconiser des rotations ne comportant pas plus de 2 ou 3 nuits successives et à les taire suivre par au moins deux jours de repos :

-lors d'un déplacement transméridien. l'ajustement à l'heure du pays d'accueil est toujours long (entre 2 et 3 semaines) et différentiel (certaines fonctions s'ajustent plus rapidement que d'autres). Il est donc faux de croire que les rotations très longues (voire l'affectation en équipe de nuit fixe) permettront aux travailleurs concernés "d'inverser" leurs rythmes. Les éventuels ajustements entamés seront rompus à l'occasion des jours de repos (sauf à yêtre actif de nuit ) :

-les rythmes humains acceptent plus facilement un allongement (retard de phase. comme lors de déplacements transméridiens vers l'ouest) qu'un raccourcissement (avance de phase. comme lors de déplacements vers l'est). Cet argument est parfois retenu pour préconiser les "rotations avant" (Matin -Après Midi -Nuit). au lieu des "rotations arrière" (N -AM -M). En fait. il convient d'être plus réservé sur cette argumentation. Néanmoins. la meilleure distribution des plages de repos. en "rotation avant". constitue un argument de poids en faveur de ce type de rotation.

Les quelques faits résumés ci-dessus rappellent. s'il en était besoin. qu'un travailleur en horaires atypiques est placé dans une situation de conflit entre ses propres rythmes. ceux de sa famille et du reste de la société. ceux du travail et les incidences d'un travail devant être exécuté à des moments peu propices. Les conséquences d'un tel conflit se traduisent par:

-L'Altération des performances et de l'efficience .

La première conséquence. première par son caractère parfois "spectaculaire" et par les préoccupations collectives (économiques. écologiques ou de sécurité) qui lui sont associées, est représentée par la baisse de production -quantitativement et qualitativement -intervenant en tin de nuit et. dans une moindre mesure. en début d'après-midi. Des baisses nocturnes de la performance ont été remarquées dans des situations et sur des populations extrêmement diverses (opératrices du télex. opérateurs en salle de contrôle. tréfileurs. conducteurs et transporteurs routiers, ouvrières du textile, conducteurs de train…).

La simple évocation des catastrophes de Three-M1ile Island. de Tchernobyl. de Bhopal. de l'Exxon Valdez par exemple, témoigne déjà de l'acuité du problème. Il en est de même en ce qui concerne la distribution horaire des accidents de circulation (pic entre 2 et 5 heures du matin) Habituellement interprétées dans le cadre général des variations circadiennes des capacités. physiques ou intellectuelles. ces altérations des performances sont. avec le développement des tâches d'inspection. de contrôle ou de surveillance, de plus en plus référées aux fluctuations (rythmiques ou non) de la vigilance. Par ailleurs. les contraintes chrono biologiques qui affectent le recueil. le traitement et la mémorisation de l'information sont à l'origine de certains changements. au cours des 24 heures. des modes opératoires.

-Des atteintes à la santé.

Les altérations de la santé ont conduit à reconnaître un syndrome du travailleur posté. (voir l'exposé de F. Marchand). L'approche épidémiologique en reste. cependant. difficile. En effet. d'une part. il n'existe pas de troubles spécifiques du travail posté, d'autre part. les salariés qui supportent le moins bien la situation quittent le travail posté (par le jeu de démission. de mutation interne. de reclassement. .), d'où l'existence d'une "population survivante" biaisée. Cet "Healthy Worker Effect" implique alors de rechercher dans le personnel travaillant à la journée les anciens travailleurs postés

-Marginalisation socio-familiale.

L intervention de C. Gadbois, dans ce même document. y est entièrement consacrée.

-Impact économique.

Enfin. bien que manquant cruellement de données précises. il n'est pas possible de passer sous silence les coûts -directs et indirects -du travail en horaires atypiques. De trop rares études ont mis l'accent sur les pertes de production résultant des altérations des performances, les coûts de formation liés à l'absentéisme ou au turn-over. les réductions des marges de profit entraînées par les charges salariales supplémentaires et les investissements secondaires (éclairage. transport. services de sécurité ...). En contrepartie. l'amortissement des équipements ou la réduction du prix de l'énergie (la nuit) restent des facteurs attractifs.

Ln tel bilan risque de conduire. fort logiquement. à une attitude " fataliste " (de laisser faire puisqu'on ne peut modifier le fonctionnement humain) ou à " l'illusion vigile " (il suffirait d'accroître la vigilance pour régler le problème). Ces deux positions n'autorisent pas une gestion correcte des problèmes posés par le travail en horaires atypiques et doivent être dépassées.

2.Les ressources du travail face aux horloges du corps

L'analyse des conduites de travail dans des situations perturbées ou non. dans des contextes de production différents ( cadence imposée ou libre). au sein de collectifs de petite ou de grande taille. ..permet de constater que l'amplitude des variations horaires de l'activité et/ou de la performance est très fortement affectée. Un phénomène comparable est bien connu en chronobiologie animale s'agissant des paramètres physiques de l'environnement: un animal diurne élevé en éclairement constant a un rythme de plus grande amplitude (mais de même fréquence) que s'il est placé à l'obscurité permanente . Cette modulation est appelée " effet de masque ". Elle témoigne de l'impact de déterminants externes sur l' expression des rythmicités (et non sur leur caractère endogène ). Au-delà des apports théoriques. de telles constatations permettent d. envisager des solutions qui débordent du strict cadre de l'aménagement des horaires. Cette conception multidéterministe ouvre. en effet. des perspectives intéressantes pour l'ergonome qui voit ainsi son champ d'intervention s'élargir: il est possible de rechercher des compromis au-delà du seul aménagement des horaires.

Cette approche multifactorielle des effets du travail de nuit peut être illustrée par les résultats révélant que la durée de la conduite automobile interfère avec l'heure et accroît la probabilité des accidents de nuit pour les camionneurs. De même. les perturbations du sommeil des postés sont dues pour partie au mode de vie hors travail. Enfin. pour prendre un dernier exemple dans le domaine du sommeil, on constate que l'endormissement est largement différé chez des salariés ayant supporté une charge mentale élevée au cours de leur travail. Ainsi. ces quelques exemples confirment que les conséquences du trayail de nuit ne peuvent être totalement imputées au seul décalage horaire.

Concernant les variations de performance. Gadbois & Quéinnec ( 1984) ou De Vries et Meijman ( 1987) insistent sur l'importance des caractéristiques des tâches pour rendre compte des résultats observés et du coût de l'activité. Il serait en effet trop simplificateur de n'expliquer les variations de production au cours du travail que comme résultant exclusivement des altérations journalières des capacités. La nature des tâches effectuées et leurs conditions d'exécution peuvent soit masquer soit aggraver ces variations horaires. Ainsi. si le travail à faire ne sollicite qu'une fraction des capacités. la performance pourra être relativement stable au cours du temps même si les capacités sont amoindries. Par ailleurs. l'adoption de procédures de travail différentes permet parfois aux travailleurs de gérer au mieux leurs propres contraintes. Encore faut-il que les tâches à effectuer autorisent une telle flexibilité.

Ainsi, l'approche globale du travail en horaires atypiques (de nuit, décalés...) cache en fait de nombreuses disparités que seule une analyse du travail réel permet de dévoiler. Cette analyse vise à répondre à quelques questions essentielles :

-quels sont les signes de "dysfonctionnements" ou de difficultés ?

-quelles sont les exigences réelles du travail ?

-quel est le type de travail ? -quelles sont les fonctions mises en jeu ?

-quelle est l'organisation réelle des tâches ? -quelle est la composition des équipes ?

-pour qui aménage-t-on le travail ?

C'est seulement après ayoir obtenu les réponses à ces différentes questions que de yéritables mesures d'aménagement du temps de travail pourront être mises en oeuvre.

Pour en savoir plus :

Leconte. P. & Lambert. C. ( 1990) La Chronop5.ychologie. Paris: PUF. Que sais-je ? n° 2549.

Moore-Ede. M. ( 1993) The twenty four hour society. Reading: Addison- Wesley Publishing Company, 230 p.

Quéinnec. Y.. Teiger. C. et De Tersac. G. (1992) Repères pour négocier le trat.ailposté. Octarès Editions. Toulouse, 254 p.

Les articles contenus dans trois numéros spéciaux (1980. tome 43. n°2 : 1981. tome 44. n°l : 1990. tome 53. no3) de la revue Le Travail Humain illustrent. chacun à sa façon. les apports de la Chrono-Ergonomie.

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09h00 : MODULATION CIRCADIENNE DE LA VIGILANCE - VIGILANCE ET TRAVAIL

François MARCHAND, Médecin attaché au Laboratoire du sommeil, Hôpitaux 5alp et Sainte Anne

Présidents de séance : Annie Touranchet, Jean-Charles Harrigan

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09h30 : LES MARQUEURS DE LA DÉSYNCHRONISATION : LES DIFFICULTÉS PRATIQUES

François MARCHAND, Médecin attaché au Laboratoire du sommeil, Hôpitaux 5alp et Sainte Anne

Présidents de séance : Annie Touranchet, Jean-Charles Harrigan

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10h00 : PAUSE ET VISITE DES STANDS

Présidents de séance : Annie Touranchet, Jean-Charles Harrigan

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10h45 : ÉTUDE SUR LA VIGILANCE AU VOLANT DES PROFESSIONNELS DE LA ROUTE

Max Caillon, br Boucicot, SIMTM

COMMUNICATIONS SUR LE THEME
Présidents de séance: Dominique Dupas, François Marchand

M. CAILLON - Groupe des Médecins du S.I.M.T.M. (Service Interentreprises de Médecine du Travail de la Mayenne)
143 rue de Paris,BP 2035 53020 LAVAL CEDEX 9 (tél. 02.43.32.00.31 - fax 02.43.04.82.30).


Depuis dix ans que nous travaillons avec la cellule du sommeil de Lavai sur le dépistage du syndrome d'apnée du sommeil, de la narcolepsie et ce entre autre chez les professionnels de la route, nous nous sommes aperçus que ces pathologies ne concernaient que 3 à 4 % de la population générale. Comment expliquer ce différentiel entre les accidents chez les professionnels de la route et la fréquence faible de ces pathologies : dette du sommeil et cycles nycthéméraux de l'homme? D'où la naissance de notre plan d'activité "sommeil -travail -santé - sommes-nous assez vigilants? ".

Le but: à partir des constatations sur les répartitions des accidents chez les transporteurs en Pays de Loire par rapport au National, analyser les conditions de travail, les habitudes de vie et bien entendu les pathologies préexistantes susceptibles d'interférer sur la vigilance, évaluer les conséquences sur la santé des salariés. Les nycthémères physiologiques de l'homme étant immuables, nous nous proposons donc de sensibiliser es professionnels de la route quels qu'ils soient (PL ou VL) à la dette de sommeil, les signes de fatigue et d'hypovigilance, les accidents et maladies provoqués par les troubles du sommeil et de faire réfléchir les décideurs sur les rythmes de travail et les nycthémères de homme tout cela pour concourir à oeuvrer en partenariat avec d'autres organismes préventeurs, à une meilleure prise en charge des risques d'accidents sur la route.

Participent depuis Octobre 2001à cette étude, 14 Médecins du S.I.M.T.M. Population concernée : 3 500 à 4 000 salariés.

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11h00 : ROTATION EN 3X8 - NOUVEAU TYPE D'ADAPTATION

Catherine Spitzer, Communauté urbaine

COMMUNICATIONS SUR LE THEME
Présidents de séance: Dominique Dupas, François Marchand

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11h30 : LE TEMPS DU TRAVAIL, LE TRAVAIL DU TEMPS.

Jean Yves Dubré, Chantal Bertin, Francis Derriennic et le groupe Psychopathologie ESTEV Pays de la Loire, SMIA Angers, France Télécom Angers, INSERM Unité 170

COMMUNICATIONS SUR LE THEME
Présidents de séance: Dominique Dupas, François Marchand

Temps, travail et santé : ce que l'on peut en dire à partir de l'enquête ESTEV.

Jean-Yves Dubré(1), Chantal Bertin(2), Francis Derriennic(3) et le groupe Psychopathologie-ESTEV des Pays de la Loire(4).

Le temps est une réalité énigmatique. Une première analyse permet de distinguer cependant deux types de temps qui s'opposent :

- le temps existentiel qui correspond à une temporalité passive, subie comprenant les rythmes naturels (saisonniers, solaires, biologiques, qui se reproduisent par cycles et ouvrent à la notion de temps circulaire) ;

- le temps opératoire qui est celui de la temporalité active, du travail et de l'action.

Le temps du travail fait référence au futur car il est le temps d'un projet. Il est aussi, pour l'homme qui est engagé dans l'action, une quantité mesurable, mesure qui lui confère une consistance objective ouvrant sur les tentatives de maîtrise ou de valorisation. Nous montrerons que les tentatives de contrôler le temps de travail ont été, dans l'histoire récente des sociétés occidentales dites industrielles, aussi bien le fait de ceux qui donnaient le travail à exécuter que celui des sociétés elle-même, contribuant à façonner un temps social. Ce temps social communément élaboré a des liens étroits avec le temps du devenir et de la durée. Nous montrerons également que l'enchaînement de ces différentes temporalités a un impact très direct sur la santé des sujets au travail et que les évolutions du monde du travail au XX ème siècle dans ce domaine sont loin d'avoir des répercussions favorables. Si l'on dit que " l'histoire s'accélère ", les usures aussi.

Nous avons extrait dans les données d'ESTEV, des critères du travail liés au temps, soit de façon caractérisée comme les durées d'exposition, les rythmes horaires, le temps contraint au travail, etc…, soit de façon plus globale avec la demande de travail et l'autonomie comme dans le modèle de Karasek.

Nous avons analysé en fonction de l'âge, du sexe et leur évolution sur 5 ans (1990-1995)leur répercussions sur le sommeil et les réactions émotionnelles (d'après le NHP), ainsi que le caractère éventuellement prédictif de certaines situations en 1990 par rapport à celles constatées 5 ans plus tard. Ces résultats, valides statistiquement, sont cohérents avec les observations cliniques des médecins du travail et les travaux en psychodynamique du travail.

Forts de ces connaissances, dans le contexte actuel de l'application de la réduction du temps de travail avec sa chasse aux temps morts et les difficultés au travail des salariés de plus de cinquante ans qui ont le sentiment d'avoir fait leur temps, les médecins du travail n'auraient-ils pas à poser les questions suivantes : " Que faites vous de votre temps ? " et " Que fait-on de votre temps ? " ?

(1) Médecin du travail, SMIA Angers (2) Médecin du travail, France Télécom Angers (3) Directeur de Recherche, INSERM Unité 170

Jean-Yves Dubré

Qu'est-ce que le temps ?

Le temps est pour l'être humain une réalité énigmatique.

Pour paraphraser St Augustin cité par François CHENET dans son livre " Letemps- temps cosmique, temps vécu " : Qu'est-ce que le temps ? (...) ; si personne ne me le demande, je le sais mais si on me le demande et que je veuille l'expliquer, je ne le sais plus.

Le temps a un rapport avec tout. La vie de chaque être humain est intégrée dans le temps, le temps qui passe, qui rapproche individuellement de la mort, mais aussi le temps de l'histoire individuelle et collective, tout comme le temps fait partie de la vie de chacun, à chaque instant, sous les formes les plus variées. Parmi celles-ci il yale temps repéré par rapport à l'horloge, temps impersonnel, chronologique et objectif et le temps comme forme contenu, vécu à la fois objectif et subjectif en bref ce qu'il y a dans le temps. Ces deux composantes façonnent le temps dans le travail et nous verrons plus loin comment ces deux composantes se recoupent mais ne se confondent pas dans leurs effets sur la santé au moyen de quelques résultats extraits des analyses sur les données de l' enquête ESTEV. Si l'on remontait plus loin dans l'histoire, en rattachant ces deux composantes aux deux notions moins larges de temps naturel et de temps social, peut-être serait-il moins facile de faire la différence dans la mesure où le travail s'inscrivait dans les cycles biologiques et cosmiques de la nature.

Ainsi le " temps paysan s'inscrivait dans les cycles biologiques et cosmiques de la nature, définissant la journée de travail des ruraux "< du soleil au soleil ") et l'alternance saisonnière de leurs activités " (F. Chenet). Les rythmes luni-solaires ont partout scandé la vie sociale. Aujourd' hui, les "gardes du temps" ne sont plus les cadrans solaires et depuis les anciennes clepsydres jusqu'aux horloges électroniques le temps est devenu une denrée économiquement géré, c'est-à-dire, calibré modélisé, fonctionnalisé. Time is money et même peut-être inversement money is time. .

La course à la rentabilité et à la productivité, la diffusion du taylorisme -savez-vous que l'ingénieur Taylor était horloger de son premier état ? -, les rigueurs du marché imposent une perpétuelle auto-accélération et du même coup, l'obsolescence accélérée des produits et des équipements productifs. Les progrès de la technique ont permis cette accélération, réalisant un véritable écrasement du temps dans l'instant présent , avec une survalorisation du court-terme alors que pendant longtemps la durée et la longévité furent le signe même de la qualité et du mérite.

Temps économiquement contrôlé - Temps socialement encadré

S'il est avéré que le temps ouvrier a été prescrit, contrôlé, divisé par les intérêts privés de l'industrialisation de masse, contrôler le temps a cependant toujours été l'ambition des États dont le pouvoir, s'il n'est pas religieux, est dit justement " temporel ". La mise en ordre du temps certes nécessaire pour la coordination des activités sociales et économiques, est aussi la mise en ordre tout court: le contrôle des choses et des gens comme on peut l'apprendre au travers des différents calendriers qui se sont historiquement succédés mais aussi les lois régissant les rythmes de vie. Ainsi de façon plus récente, et pour ce qui concerne le temps de travail, il suffit de suivre l'évolution de la législation en France. Depuis la loi du 22 mars 1841 limitant à 8 heures par jour le travail des enfants de 8 à 12 ans, en passant par les lois successives qui vont régulièrement réduire la durée légale du travail, passant de 2700 heures en 1896 à 1520 heures en 1995, les congés payés et la semaine de 40 heures en 1936, la scolarisation obligatoire jusqu'à 12 puis 14 ans, le départ en retraite à 60 ans et enfin les lois " Aubry " sur l'aménagement et la réduction du temps de travail, les fameuses " 35 heures " , l'État a largement participé à l'encadrement du temps du travail tel que nous le connaissons aujourd'hui. Sa contribution n'est pas cependant dénuée d'ambiguïté puisqu'il a permis dans le même temps l'introduction de la flexIbilité du temps de travail et que si légalement le temps de travail diminue, " le temps total que requiert l'exercice d'une activité salariée ", selon Jean Chesneaux, " croît bien au-delà du fait de l'allongement des temps de transport à travers nos espaces sous-urbains ".

Temps du travail. temps humain. construction de la santé.

Le temps humain est inséparable de la durée, de la constitution de marges de manœuvre et de l'élaboration de savoirs-faire. Une vie au travail ce sont des durées d'exposition, des durées de latence, des rythmes horaires variables ou non, flexibles ou non, annualisés ou non, un âge qui augmente, des temps de maturation et de réflexion et aussi des temps contraints tels que devoir se dépêcher, travail répétitif sous contrainte de temps... Or, la disparition des marges de manœuvre ou de liberté, l'engagement total pour les " zéro-délai " ou le " juste-à-temps ", l'accélération généralisée des rythmes alimentée par des technologies toujours plus performantes, la préférence donnée aux apparences et aux effets d'image dans un environnement régi par un temps-système mondialisé vont à l'encontre d'une construction possible de la santé. Si l'on dit que " l'histoire s'accélère ", les usures aussi. C'est bien ce que l'enquête ESTEV nous donne à voir .

Je vous rappelle qu'ils 'agit description rapide de l'enquête ESTEV

Nous avons extrait dans les données d'ESTEV, des critères du travail liés au temps, soit de façon caractérisée comme les durées d'exposition, les rythmes horaires, le temps contraint au travail, etc..., soit de façon plus globale avec la demande de travail et l'autonomie comme dans le modèle de Karasek. Nous avons analysé en fonction de l'âge, du sexe et de l'évolution sur cinq ans de ces critères leur répercussion sur le sommeil et les réactions émotionnelles ainsi que le caractère éventuellement prédictif de certaines situations de 1990 par rapport à celles constatées cinq ans plus tard.

On observe une incidence accrue de troubles du sommeil entre 1990 et 1995 surtout chez les hommes pour toutes les contraintes sauf la durée hebdomadaire supérieur à 48 heures. Chez les femmes, ce phénomène ne se retrouve que pour les contraintes obligeant à se lever avant 5 heures.

Les horaires atypiques n'ont que peu de lien avec l'incidence des réactions émotionnelles entre 1990 et 1995 et ceci dans les deux sexes.

On observe une incidence nettement accrue de troubles du sommeil entre 1990 et 1995 pour les hommes et les femmes qui sont soumis aux contraintes suivantes : travail répétitif sous contrainte de temps, être obligé de faire plusieurs choses à la fois,. Le même phénomène se retrouve chez les hommes qui sont souvent interrompus dans leur travail. Par contre, dans les deux sexes, il n'y a pas de lien entre l'incidence des troubles du sommeil et la rémunération aux objectifs ou le fait de ne pas pouvoir quitter son travail des yeux.

Entre 1990 et 1995, l'incidence des réactions émotionnelles est accrue de façon significative quand les hommes et les femmes salariés sont soumis aux contraintes suivantes: être obligé de se dépêcher dans son travail, faire plusieurs choses à la fois, être souvent interrompu dans son travail. Il en est de même, mais uniquement chez les hommes, quand ils sont soumis au travail répétitif sous contrainte de temps ou qu'il ne peuvent pas quitter leur travail des yeux. La rémunération aux objectifs a une certaine influence sur l'apparition des troubles et ceci uniquement chez les hommes.

Pour toutes les autres contraintes de temps étudiées, l'incidence des troubles du sommeil et des réactions émotionnelles sur cinq ans augmente globalement de façon significative tant chez les hommes que chez les femmes.

Ainsi la composante temporelle mesurable et quantifiable par l' horloge intervient tout à la fois sur les troubles du sommeil et les réactions émotionnelles et par contre la composante contenu du temps imprime sa marque sur la santé mentale ici les réactions émotionnelles.

Le temps dans le travail c'est donc du temps à analyser comme facteur de risque pour la santé mais c'est aussi du temps à considérer comme facteur de sélection. Ainsi pour le maintien en activité professionnelle après 52 ans nos analyses font apparaître que les facteurs relatifs au temps en 1990 ont un caractère prédictif sur le risque d'être exclu du travail cinq ans plus tard. Un certain nombre de ces facteurs ont été regroupés sous la forme du modèle de Karasek (diapo) .Commenter le tableau Karasek par une phrase

Vous pouvez ainsi constater le caractère prédictif péjoratif des horaires décalés pour les hommes, du travail répétitif sous contrainte de temps, surtout exercé avant 1990 pour les hommes et pour les femmes et de la forte tension au travail pour les hommes. Par contre la faible tension au travail chez les femmes en 1990 ainsi que le fait d'avoir les moyens de faire un travail de bonne qualité tant chez les hommes que chez les femmes ont un caractère protecteur quant au risque d'avoir perdu son emploi cinq ans plus tard.

Forts de ces connaissances, dans le contexte actuel de l'application de la réduction du temps de travail avec sa chasse au temps morts et les difficultés au travail des salariés de plus de 50 ans qui ont le sentiment d'avoir fait leur temps, les médecins du travail n'auraient-ils pas à poser les questions suivantes: " que faites vous de votre temps ? " et " que fait-on de votre temps ? "

Comme le disait Sénèque à son cher Lucilius : " Ton temps, jusqu'à présent, on te le prenait, on te le dérobait, il t'échappait. Récupère-Ie et prends en soin. "

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11h45 : DISCUSSION

COMMUNICATIONS SUR LE THEME
Présidents de séance: Dominique Dupas, François Marchand

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12h15 : REPAS

COMMUNICATIONS SUR LE THEME
Présidents de séance: Dominique Dupas, François Marchand

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Apres-Midi

14h00 : EVOLUTION DES DIFFÉRENTS HORAIRES SUR LES 5 DERNIÈRES ANNÉES

Annie TOURANCHET, Médecin Inspecteur des Pays de la Loire

Présidents de séance: Yvon Queinnec et le Président de la SMTHIEO

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14h30 : ASPECTS ÉCONOMIQUES

Bruno HENRIET, Juriste, Faculté de Droit et des Sciences Économiques

Présidents de séance: Yvon Queinnec et le Président de la SMTHIEO

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15h15 : LE TEMPS DE TRAVAIL ET LA VIE HORS TRAVAIL

Charles GADBOIS, Ergonome EPHE

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16h00 : INCONNUE DE L'ÉQUATION DU TEMPS DE TRAVAIL : LA NATURE DES TÂCHES

Sophie PRUNIER-POULMAIRE, Ergonome EPHE

Présidents de séance: Yvon Queinnec et le Président de la SMTHIEO

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16h45 : CONCLUSION

Présidents de séance: Yvon Queinnec et le Président de la SMTHIEO

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