Influence du Ramadan vécu sur la vigilance des professionnels de santé au Maroc
Pr Chakib El Houssinne LARAQUI / 10h30
Influence du ramadan vécu sur la vigilance au travail des professionnels de santé au Maroc
C. H. Laraqui1, 2, S. Laraqui1, 2, O. Laraqui1, 2, N. Manar1, 2, Y. El Aoudi2, A. Caubet3, Ch. Verger3
1 – Institut d’hygiène, de sécurité et de santé au travail, Casablanca, Maroc.
2 - Société marocaine de médecine du travail, Casablanca, Maroc.
3 - Institut universitaire de médecine du travail de Rennes.
Objet : les habitudes de vie changent pendant le Ramadan à cause du jeûne qui consiste en une abstinence de toute nourriture et boisson du lever au coucher de soleil. Ces changements concernent particulièrement les horaires des repas avec des répercussions sur le sommeil nocturne et la vigilance diurne au travail. Cette étude avait pour objectifs d’évaluer l’influence du ramadan vécu sur la vigilance au travail
Méthodologie : cette étude épidémiologique transversale et multicentrique s’est déroulée en 2010 et avait intéressé 2 171 professionnels de santé (1053 paramédicaux, 572 médecins et 546 personnels de soutien) travaillant dans des villes du sud (Agadir, Essaouira et Taroudant), du centre (Meknès et Azrou) et de l’ouest (Berrechid et Settat). Le support de l’enquête était un questionnaire individuel, anonymisé, mené avant, pendant et après le ramadan et inspiré de celui du réseau Morphée adapté de telle manière qu’il réponde à notre objectif.
Résultats : pendant le ramadan, la consommation médicamenteuse (antalgiques, antispasmodiques et pansement gastrique) avait augmentée alors que celle de l’alcool était nulle. Les maux de tête (37,8 % versus 25,3 %) et les troubles digestifs (dyspepsies : 35,8 % versus 18,5 %) étaient plus fréquents. La durée moyenne du sommeil nocturne a diminué (5,9 ± 1,4 heures versus 7,1 ± 1,6 heures) alors que celle des siestes a augmenté (1,5 ± 1,3 heure versus 0,6 ± 0,4 heure). Les horaires du coucher et du réveil étaient significativement retardés. Les insomnies étaient plus fréquentes (48 % versus 33 %). La prévalence des troubles de la vigilance était plus importante : Epworth supérieur à 10 (46 % versus 30,4 %), somnolence au travail (49,8 % versus 29,4 %), somnolence au volant (22,4 % versus 11,4 %). Les modifications des habitudes alimentaires intéressaient la fréquence des repas (2,3 repas par jour versus 3,1) et les horaires qui étaient décalés.
Conclusion : le médecin de travail non musulman doit être informé du décalage entre les préceptes de l’Islam et le vécu réel du ramadan. Ainsi, il pourra mieux appréhender les difficultés au travail pendant ce mois et contribuer à l’éducation sanitaire des travailleurs musulmans.
Diaporama